Cinéphile m'était conté ...

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Les cadets et leurs soucis (L'empereur à pied)

Qu'on se le dise : avec L'empereur à pied, le romancier libanais Charif Majdalani poursuit son chemin avec grâce après les excellents Le dernier seigneur de Marsad et Villa des femmes. L'histoire commence avec l'apparition, au milieu du XIXe siècle, dans les montagnes libanaises, d'un personnage dont on sent, d'après la stature, qu'il n'est pas qu'un pauvre hère à la recherche d'un travail. Il va se révéler le patriarche d'une longue dynastie à la prospérité commerciale continue, jusqu'à nos jours. Un drôle de type, tout de même, ce Khanjan Jbeili qui impose une loi d'airain à ses descendants : seuls les fils aînés pourront prendre épouse, au fil des années. A partir de ce postulat, et après un prologue qui confine à la légende, Majdalani met en place un récit qui va s'articuler autour de conversations entre un narrateur (qui change) et un interlocuteur qui a suivi de près ou de loin, souvent de manière épistolaire, les aventures des fils cadets (les femmes sont plutôt absentes) et leurs grands malheurs. L'écrivain libanais excelle dans le picaresque et, tout en nous contant les évolutions de son pays, depuis son appartenance à l'empire ottoman, nous fait voyager autour du monde, du Mexique à l'Asie Centrale, de l'Italie aux Balkans. L'intérêt ne se dément jamais dans la lecture de ce roman qui se renouvelle sans arrêt. Charif Majdalani est définitivement un narrateur oriental hors pair, cultivé et malicieux.

 

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L'auteur :

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Charif Majdalani est né en 1960 à Beyrouth. Il a notamment écrit Le dernier seigneur de Marsad et Villa des femmes.



30/08/2017
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